dimanche
Longtemps j’ai détesté le dimanche. Jour d’angoisse où une étrange
sensation de flottement m’envahissait. Jusqu’à midi, ça allait. Après, l’impression de danger apparaissait sournoisement. Un monstre chuchotait à mon oreille:¨Demain, l’école!¨ Je détestais
l’école plus que le dimanche, mais cette journée trouble-fête me ramenait dans ma petite réalité de cahiers lignés.
Il y a belle lurette que j’ai quitté les chemins des écoliers et le dimanche est devenu une journée blanche, comme une page, où tout est permis. Alors je me suis réconciliée. Maintenant je l’aime
autant que je l’ai détesté. Dimanche est un mot de solennité, de noce, de tendresse, de joie. Et ne serait-ce que pour son titre de ¨jour du repos¨, moi qui prône le rien faire, je ne peux que le
trouver beau. Si je devais me rebaptiser, c’est ainsi que je voudrais m’appeler.